C'est l'un des angles morts les plus fréquents de la prévoyance suisse. Quand vous quittez un emploi sans en reprendre un autre immédiatement, votre capital de 2e pilier (LPP) ne disparaît pas. Il doit être transféré sur ce qu'on appelle un compte ou une police de libre passage. Et c'est là que, souvent, il s'endort pendant des années.

Qu'est-ce que le libre passage, exactement ?

Votre avoir de 2e pilier vous appartient. Tant que vous êtes employé, il reste dans la caisse de pension de votre employeur. Mais dès que vous quittez l'entreprise sans transfert immédiat vers un nouvel employeur, cet avoir doit être « mis en sécurité » quelque part. Cette situation concerne beaucoup de monde :

  • Entre deux emplois
  • Pendant un congé prolongé ou un séjour à l'étranger
  • Au lancement d'une activité indépendante
  • En cas de réduction du taux d'activité sous le seuil d'assujettissement

Le problème : un capital qui ne rapporte presque rien

Par défaut, si vous ne faites rien, votre avoir finit souvent sur un simple compte de libre passage, rémunéré à un taux très bas, parfois proche de zéro. Pendant ce temps, l'inflation grignote tranquillement votre pouvoir d'achat. Sur un capital de plusieurs dizaines de milliers de francs et sur plusieurs années, le manque à gagner peut être considérable.

C'est votre argent, mis de côté pour votre retraite. Il n'y a aucune raison de le laisser perdre de la valeur sans rien faire.

La solution : faire travailler ces fonds

Plutôt que de laisser dormir ce capital, vous pouvez le placer dans une fondation de libre passage qui l'investit, selon une stratégie adaptée à votre horizon et à votre tolérance au risque. L'idée est simple : puisque cet argent est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de retrait anticipé prévus par la loi), autant qu'il travaille pendant ce temps.

Les points à regarder :

  • La stratégie de placement : part investie en actions, obligations, immobilier, selon votre profil.
  • Les frais : ils varient fortement d'une fondation à l'autre et pèsent lourd sur le long terme.
  • La fiscalité à la sortie : le capital est imposé au moment du retrait, à taux réduit, et il est souvent judicieux de coordonner ce retrait avec celui de vos autres piliers.

Bon à savoirVous pouvez répartir votre avoir de libre passage entre deux fondations distinctes. Cela permet, le moment venu, d'échelonner les retraits sur deux années fiscales et de réduire l'impôt.

Par où commencer ?

La première étape est de savoir où se trouve votre avoir aujourd'hui et comment il est rémunéré. Beaucoup de gens l'ignorent. À partir de là, on peut déterminer si une stratégie de placement a du sens dans votre cas, et laquelle. C'est exactement le type de sujet qu'on démêle ensemble lors d'un premier échange.